SOCIETE: Respect et tolérance : deux piliers d’une vie pacifique au Niger !
Le respect et la tolérance constituent des plus belles valeurs ancestrales léguées par nos grand-parents, notre culture et notre éducation. Bien comprises par les citoyens, elles transforment silencieusement et positivement une famille, une entreprise, une institution, une communauté ou un pays…
Le respect reste le fondement d’une relation humaine saine et équilibrée, qu’elle soit sociale, familiale ou professionnelle. Il ne s’agit pas de décider par convenance ou le faire valoir verbalement par des mots ou des gestes, mais de l’admettre à travers la reconnaissance réciproque et sincère, c’est-à-dire, reconnaître à l’autre le droit d’avoir ses propres opinions, ses propres choix, sa propre dignité, sans craindre le jugement, malgré les apparences ou les différences. Ainsi, le respect n’empêche pas la contradiction ! Il permet de communiquer en toute franchise, en toute honnêteté et habilité, sans le moindre calcul, accepter les écarts ou les nuances, sans chercher à les récuser ou les effacer, tout en fixant une limite claire en toute bienveillance. A priori, un respect sans limite est synonyme de soumission… Une limite sans bonté, sans indulgence, n’est que pire rudesse. Le respect est alors la découverte du juste milieu entre rigueur, courtoisie et souplesse.
La tolérance, quant à elle, est une vertu qui incarne la reconnaissance de la liberté et des droits fondamentaux de chacun. C’est un principe clé de nos valeurs communes qui incarnent le pardon et le respect. Une attitude d’ouverture et de responsabilité qui consiste à accepter des comportements différents des nôtres, même si nous les désapprouvons. La tolérance commence toujours par une vérité inconfortable, mais libératrice, car personne ne détient la vérité absolue et définitive, même pas les distingués hommes de religion ou de science. La vérité n’est en ce sens qu’une possession fragmentaire, colorée par l’histoire, la culture, et les apprentissages… C’est en l’acceptant humblement que naissent la vraie sagesse et l’humilité qui consistent à ne pas imposer une vision personnelle, mais à l’élargir par celle des autres en vue de garantir une justice équitable et stimuler le patriotisme et le progrès collectif. De cette action, surgit la tolérance qui commande de dépasser le fanatisme, cette certitude aveugle qui ferme toutes les portes de l’équilibre. De ce fait, la tolérance est un comportement digne qui facilite le vivre-ensemble, renforce la paix et cherche à résoudre les conflits par le dialogue, plutôt par l’affrontement. Dès lors, la tolérance ne signifie pas l’indifférence face à ce qui est injuste ; elle traduit l’ouverture d’esprit face à ce qui est simplement différent. Combinés, le respect et la tolérance, dessinent la capacité des individus et des communautés à cohabiter harmonieusement, dans la concorde, l’unité nationale et la solidarité, en prévenant les discriminations et les conflits. L’esprit de la tolérance, c’est écouter soigneusement l’autre avant de répondre, comprendre avant de juger, construire avant de diviser. Des choix à renouveler chaque jour, dans chaque conversation, chaque foyer, chaque désaccord et chaque silence partagé.
Un entourage, une famille, une équipe, un cercle d’amis ou une administration qui s’engagent à cultiver ces deux valeurs ne cherchent pas seulement à avoir raison, mais visent à promouvoir et à contribuer à la création d’une harmonie solide au sein de la société élargissant ainsi la diversité, et en honorant la dignité de chaque membre de la communauté. A cet égard, l’harmonie véritable ne vient jamais de l’uniformité des opinions, mais de l’éclosion des différences profondément respectées.
En un mot, il faut se rappeler à chaque instant que le respect ouvre la porte à une bonne relation et, la tolérance permet à celle-ci de grandir dans la différence. Deux piliers éthiques et moraux dont notre cher pays, le Niger a tant besoin.
Moustapha kadi Oumani
